On avait rarement vu une promotion aussi maîtrisée, quadrillée et efficace que celle qu’ont employé les robots de Daft Punk pour le lancement de leur opus « Random Access Memories ». 7 ans après le très médiocre » Human After All ». Le tandem français le plus populaire au monde nous est revenu avec «  R.A.M », un titre censé faire référence à la mémoire vive des ordinateurs mais aussi à la capacité du tandem à se réinventer sans toute fois se perdre.

Et c’est exactement ce dans quoi on est plongé sur cet album. A l’instar du funky et savamment calibré radio «  Get Lucky », l’opus de prime abord surprend.

Pas de beats lourds et cadencés dancefloor, pas de tube electro cisaillés dans la «  French Touch », mais surtout une drôle de mélancolie.

Les garçons nous plongent dans une odyssée musicale et sentimentale. Adieu les sons hyper robotisés et uniquement travaillés sur ordinateur, «  R.A.M » vit. Il découle de l’opus une véritable ambiance funky live, une âme au milieu de sonorités arrivées de différents univers mais s’embrasant remarquablement bien les unes aux autres.

Lancé avec le tonitruant et groovy «  Give Life Back To Music », la formation pose tout de suite les fondations d’un son organique qui diligentera la suite de l’opus. Aidé par Nile Rogers, le titre n’est pas sans nous remettre en mémoire les grandes années de Earth Wind and Fire ou de Delegation. A l’instar du single «  Get Lucky » et du titre « Loose Yoursefl To Dance » ( tous 2 chantés par Pharell Williams) , rien n’est nouveau. Les 2 garçons nous resservent une formule funk-disco connue mais qu’ils réussissent à faire fonctionner à merveille, car c’est bien là leur génie.

On est pas dans la volonté de proposer un album avant-gardiste mais bel et bien dans celle d’établir un projet à la fois « retro » et futuriste pour ne pas totalement perdre les fans de la première heure. Des fans qui seront ravis par le colosse «  Giorgio by Moroder« , chanson de 9 minutes où les 2 français interagissent gaiement avec la légende de l’electro ou encore le charmant et délicat «  Instant Cruch » où ils sont soutenus par la voix du leader des Strokes, Julian Casablancas.

Mais ce n’est pas tout, le terrible «  Touch », véritable fusion musicale, petit moment d’anthologie où on passe de l’envie la plus folle de se trémousser à la plus cruelle des nostalgie est sans doute un des moments les plus marquants du disque. Il y a comme une sorte de symbiose entre la voix pleine d’émotions du chanteur Paul Williams et le jeu harmonique presque sensuel des producteurs.

Les Daft Punk ont définitivement voulu et réussi à humaniser leur son avec ce projet . Les erreurs de «  Human After All » ont été superbement rattrapés sur «  R.A.M ». Il faudra laisser le temps au temps pour juger de la capacité du projet à s’inscrire parmi les grands classiques ou chef d’œuvres mais une chose est certaine, ils offrent l’album qu’il fallait au moment où il fallait.

Après la vague electro/dance/hard/house, le public avait cette envie, ce besoin de revenir à des vrais et grandioses instrumentalisations sans toutefois tomber dans l’ennui, et c’est bien ce qu’on retrouve sur cet album. Il y a peut être quelque fois trop, trop d’étoiles, trop de merveilleux, mais ça fait aussi parti des personnages. Humains, modestes… mais pas trop.

16/20.